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Concorde : une maquette grandeur nature le 24 novembre 1963

Le Concorde comme la Citroën SM est, à n’en pas douter, ce qui se fait de mieux technologiquement dans les années 70. Il y a 53 ans est présentée la première maquette de l’avion qui fera de la France le pays de l’avant-gardisme.

Concorde

1er mars 1967 une maquette en bois grandeur nature du Concorde est exposée

En 1960, l’entreprise française Aerospatiale et la British Aircraft Corporation (BAC) commencent à discuter de la possibilité d’un partenariat. La France a déjà fait le choix d’utiliser des avions à réaction anglais plutôt que de développer ses propres engins. Des discussions naissent pour créer un nouvel appareil en commun.

Après de nombreuses études séparées puis en commun, le 25 octobre 1962, un traité est signé entre la France et la Grande Bretagne pour la réalisation d’un avion de transport supersonique.

Polémique franco-anglaise sur le nom

Le 13 janvier 1963, le président français Charles de Gaulle suggère que l’avion soit baptisé Concorde et le 24 octobre, une première maquette grandeur nature du « Concord » sans « e » est présentée. Dans les deux langues, le mot signifie la concorde, l’harmonie, l’union. Une polémique s’ensuit sur le nom de l’avion. Le ministre britannique de la Technologie Tony Benn met fin à la polémique en annonçant : « Le Concord britannique s’écrira désormais avec un « e » car cette lettre signifie aussi Excellence, England, Europe et Entente. »

Les différents designs du Concorde

100 passagers à Mach 2,2

Le Concorde doit être capable de transporter 100 passagers à une vitesse de croisière de Mach 2,2. La moindre pièce de l’avion est à la pointe de la technologie. Son nez qui s’affaisse légèrement est une de ses caractéristiques les plus innovantes. Il s’abaisse pendant les décollages et les atterrissages ce qui permet d’améliorer la vision de la piste pour le pilote.

Le Concorde

La première pièce voit le jour en avril 1965 et le Concorde 001, premier prototype, sort d’usine le 11 décembre 1967. Après quinze mois d’essais au sol, Concorde 001 décolle de Toulouse le 2 mars 1969 piloté par André Turcat assisté de Jacques Guignard, Henri Perrier et Jacques Rétif.

Michel Rétif, Andre Turcat, Henri Perrier et Jacques Guignard

Le 28 février 1969. De gauche à droite : Michel Rétif, Andre Turcat, Henri Perrier et Jacques Guignard

En l’absence de toute étude de marché, le consortium a estimé un montant de commandes de plus de cent avions, passé par les principales compagnies aériennes de l’époque. Cinq appareils sont commandés par British Airways le 5 avril 1972, qui devient le premier client de l’avion.

« Nous allons vous emmener au bord de l’espace, là ou le ciel devient plus sombre, là où l’on peut voir la courbe de la Terre. Nous allons traverser l’Atlantique deux fois plus vite que le son, qu’une rafale de balle – 37 kilomètres chaque minute. Nous allons voyager tellement vite que nous seront plus rapides que la rotation de la Terre. Le monde aura les yeux rivés sur nous. » déclare Mike Bannister, pilote en chef du Concorde de la British Airways.

Le 2 juin 1972, le second prototype 002 fait des démonstrations au Moyen-Orient et en Extrême-Orient. Celles-ci amènent un nombre important de commandes pour l’avion, puisque 74 commandes ou options ont été prévues par seize compagnies aériennes, dont huit nord-américaines.

Prototype 002

Cependant, à partir de 1973 une combinaison de facteurs cause l’annulation de la presque totalité des commandes en option. Parmi ceux-ci, on peut citer principalement le premier choc pétrolier, les difficultés financières des compagnies aériennes, l’absence de soutien du projet en Amérique du Nord, l’accident au salon du Bourget du concurrent direct soviétique Tupolev Tu-144 et les problèmes environnementaux comme le bruit du passage supersonique. Finalement, Air France et British Airways restent les seuls acquéreurs.

Certaines de ces nouveautés technologiques avaient 20 ans d’avance. Si les coûts de conception ont été élevés, cela a permis aux constructeurs aéronautiques français et anglais de rester dans la course avec les États-Unis, puis de créer Airbus. Nombre de ces améliorations sont maintenant des standards dans les avions de ligne actuels.

Construction du Concorde

La vitesse de croisière du Concorde est de Mach 2,02 à une altitude variant de 16 000 à 18 000 mètres. Il est doté d’une aile delta spécifique dite gothique et de moteurs à postcombustion développés d’abord pour le bombardier britannique Avro Vulcan. Il est aussi le premier avion civil à être équipé de commandes de vol électriques analogiques.

Les vols commerciaux ont commencé en 1976. Le 4 février 1976, le secrétaire américain aux transports William Coleman lève l’interdiction pour les vols supersoniques au-dessus des eaux territoriales et accorde les atterrissages à Washington et à New York mais le 11 mars, les autorités portuaires new-yorkaises opposent pour six mois le survol local au Concorde. Avec le peu de choix qu’elles avaient en destinations, Air France et British Airways ont commencé les transatlantiques avec Washington le 24 mai. Finalement, en 1977, les nuisances sonores que les New-Yorkais doivent subir sont annulées par les avantages du Concorde et la liaison Paris et Londres vers l’aéroport new-yorkais John-F.-Kennedy commence le 22 novembre 1977.

Le Concorde au-dessus de Rio de Janeiro

Le Concorde au-dessus de Rio de Janeiro

Jusqu’en 1983, les destinations pour Air France sont : Rio de Janeiro, Caracas, Dakar, Mexico, Washington, Dallas et New York. À partir de 1983, pour rentabiliser au maximum son supersonique, la compagnie réduit ses vols à la seule destination de New York, assurant cependant en plus des vols spéciaux appelés charters et des tours du monde.

Confiné à des liaisons transatlantiques et exploité par deux compagnies seulement, l’appareil ne fut produit qu’en vingt exemplaires (dont six non commerciaux) et fut un échec commercial. Cependant, il a été le moteur d’importants développements technologiques et stratégiques et a eu un fort impact culturel. Le Concorde fait partie des deux modèles d’avions supersoniques de transport de voyageurs à avoir été développés, avec le Tupolev Tu-144.

Concorde de face

La forte consommation de carburant de l’appareil a rendu non rentable son exploitation. Son déclin fut précipité par un crash en juillet 2000, unique accident majeur d’un Concorde mais qui entraîna la mort de 113 personnes.

Mais cet œuvre d’art aéronautique renaîtra sûrement de ses cendres avec un nouveau projet dévoilé par Airbus en 2015. Airbus a en effet déposé un nouveau brevet pour un avion de ligne doté d’un moteur fusée et qui pourrait relier Paris à New York en moins de 90 minutes. Un aéronef capable d’atteindre la vitesse hallucinante de Mach 4,5, soit près de 5.000 km/h.

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