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Machines à écrire : les populaires sont chez Japy

En 1961, les Chaussettes noires chantaient : « Elles sont les plus parfaites, elles tapent en chantant à tue-tête, les Dactylos rock ! ».

S’il y a bien un film qui relate l’épopée de la machine à écrire et ses innovations, il s’agit du Film « Populaire » de Régis Roinsard avec Romain Duris et Déborah François. Le film relate la préparation de Rose pour les championnats de vitesse de Dactylographie.

machine à écrire dactylo populaire 1

À cette époque, le métier de dactylo était prédestiné aux femmes et constituait une belle opportunité de devenir « une femme moderne » et de travailler comme secrétaire.

Japy fleuron de l’industrie française

L’univers Vintage de ce film nous plonge dans les années 50 avec, en filigrane, la vraie héroïne : la « Populaire » de chez Japy. Cette entreprise est l’œuvre d’un Franc-comtois, Frédéric Japy (1749-1812), qui a conçu les premières machines-outils de fabrication des pièces d’horlogerie. Au milieu du 19ème siècle, Japy est la troisième plus grande entreprise industrielle française derrière St Gobain et Schneider. Japy a produit des horloges, des moulins à café, des cafetières, des locomotives, des moteurs électriques et à essence, des pompes, des vis et des boulons ainsi que 3,5 millions de casques Adrian pendant la Première Guerre mondiale. La famille Japy est aussi soucieuse du bien-être de ses salariés, elle crée des écoles et des villages.

publicité Japy

Au début du 20 è siècle, Japy se lance dans les machines à écrire, au départ en rachetant un brevet à Remington (Etats-Unis) et passe les claviers du qwerty à l’azerty. Les machines de bureau sont déclinées en tailles et couleurs variées. Un musée Japy, à Beaucourt en Franche-Comté, présente les modèles les plus emblématiques de Japy. Il faut bien se dire qu’à l’époque la machine à écrire est l’équivalent de l’Ipad d’aujourd’hui. C’est la grande époque du « Made in France » comme pour les appareils photos Kodak des années 50 et 60. Un objet « hign tech ».

machine à écrire Japy

IBM révolutionne la mécanique

D’autant plus moderne qu’IBM propose en 1961 une innovation importante avec la « Selectric typewriter » et sa fameuse boule de caractères en métal qui a permis de supprimer les marteaux qui s’emmêlaient quand la frappe était trop rapide. Cette machine à marguerite a ses caractères sur une roue, que l’on peut échanger pour changer de police. Le modèle « Selectric typewriter » remporte un énorme succès commercial et domine le marché durant deux décennies. Le chariot ne bouge plus latéralement mais une boule se déplace devant le papier. La machine reste en plus très silencieuse.

IBM sélectif typewriter

Japy est le principal fabricant en France, l’équivalent de Remington aux États-Unis ou de Royal en Allemagne. Les élèves françaises sont formées sur des machines Japy, avec retour électrique du chariot. Elles pèsent 17 kg, les déplacer d’une salle à l’autre représente un sacerdoce. Les élèves apprennent à taper avec une gomme sur chaque main, qu’il fallait éviter de faire tomber.

Un modèle allemand connaît également un grand succès : la Royal. Cette machine, considérée en son temps comme le haut de gamme avec un souci de l’esthétique très poussé. Chaque côté deux plaques de verre biseauté permettent en effet de voir le mécanisme interne comme une vitrine de bijouterie. Un luxe. Leur utilité est aussi de préserver l’intérieur de la machine de la poussière, ennemie de la mécanique, et préserver ainsi sa fiabilité.

La première machine à écrire en 1714

Côté histoire, la première machine à écrire fait son apparition en 1714 après qu’un inventeur anglais, Henry Mill, ait déposé un brevet. Au départ, elles sont totalement mécaniques et n’utilisent pas l’électricité. Tout repose sur des minuscules mécanismes, des ressorts, des leviers et des engrenages.

Les lettres, ou « caractères », sont gravées sur le bout d’une tige en métal. Un ruban encreur permet d’imprimer l’encre noire (ou de couleur) sur la feuille lorsque la barre à caractère vient le frapper. Quand une ligne est finie, il suffit d’actionner un petit levier qui fait revenir le chariot à son emplacement initial.

machine à écrire henry mill

La Hansen Writing Ball est inventée en 1865 par Rasmus Malling-Hansen, le révérend et directeur du Royal Institut pour les sourds-muets à Copenhague. Elle est brevetée et entre en production en 1870. Elle est la première machine à écrire à être commercialisée.

Mais celles-ci ont une autre utilité comme le montre la petite anecdote autour de l’invention de la première machine dont il subsiste des touches : elles ont pour but de permettre aux aveugles d’écrire. Le système Braille, lui, est inventé en 1820. Plus tard, plusieurs prototypes de machines à écrire comme la Typograph de Hugues sont directement destinés aux aveugles.

Enfin, la première machine à écrire électrique apparaît en 1914, elle est l’ancêtre des ordinateurs modernes.

Des concours de vitesse

Mais d’une manière générale l’engouement pour la dactylo atteint son apogée dans les années 60. Il est tel que chaque ville organise son concours de vitesse. Reine-Marie Doléac secrétaire à la Mairie de Bordeaux relate cette époque dans le journal Sud Ouest : « Après une solide formation à l’école Verdois de Bordeaux, je poursuis mon entraînement. Je ne cesse d’améliorer mon rythme de frappe à la machine le soir, après le travail, je m’entraîne jusqu’à pas d’heure. Je me considère comme une sportive de haut niveau ». Ainsi Elle s’inscrit à des concours de vitesse et rafle tous les prix. « J’étais très rapide, j’adorais ça. Je suis tombée amoureuse de ma machine à écrire, surtout les Japy et les Olympia. En fait, j’ai les doigts déliés, agiles comme une pianiste. Pourtant, nous avons appris à taper

sur des bulldozers. Mais voilà, nous connaissions les touches par cœur. Interdit de regarder ses doigts, il fallait être concentré sur le texte que nous écrivions ». Les années se suivent, les concours aussi. « 75 mots minute précise-t-elle. J’ai remporté le titre de vice-championne de France de dactylographie à la Foire de Paris ». Et puis, plus tard, les machines à écrire sont devenues électriques, bien moins amusant. Puis, les ordinateurs, « Faire de la vitesse sur ces claviers ? Aucun intérêt. C’est plat ». Un rien vintage Reine-Marie …

machine à écrire dactylo populaire

Alors pour tous les amateurs de vieilles machines, membres de la famille des métascriptophiles, regardez sur les Vieilles choses de nombreux modèles sont à vendre dont des Japy « Made in France » ! Pour la petite histoire, le record de vitesse longtemps détenu depuis 2003 par Helena Matoušková, une jeune tchèque, qui tape 955,10 caractères à la minute avec un pourcentage d’erreur de 0,03 est aujourd’hui pulvérisé par l’Américain Sean Wrona, 27 ans, meilleur frappeur du monde, avec 1 086 caractères par minute. Y a plus qu’à !

Vous voulez acquérir une machine à écrire ? Voici une petite sélection sortie tout droit du site Les Vieilles Choses :

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